Nouveaux imaginaires : comment les créer et les diffuser ?

Les nouveaux imaginaires

À travers leurs mythes fondateurs et leurs visions du futur, nos imaginaires collectifs orientent nos choix, conditionnent nos comportements et définissent ce que nous considérons comme possible ou impossible.

Or, nos imaginaires actuels peinent à ouvrir des perspectives véritablement désirables. Les récits les plus visibles sont ceux d’une crise écologique irréversible, d’un effondrement de la société et d’un avenir marqué par l’instabilité, les pénuries et la multiplication des catastrophes. Pour une grande partie d’entre nous, il est plus facile d’imaginer la fin du monde qu’un monde meilleur.

C’est précisément là que réside le pouvoir des nouveaux imaginaires, à contre-courant des modèles dominants : élargir le champ des possibles, nourrir notre capacité à rêver autrement et insuffler l’énergie nécessaire pour agir. Ni dystopiques ni utopiques, ces imaginaires renouvelés proposent des visions positives et crédibles du futur, et nous invitent à réinventer nos manières de vivre ensemble, de créer, de travailler, de produire, de consommer ou encore de nous déplacer.

Mais que sont exactement ces imaginaires d’un genre nouveau ? Pourquoi est-il urgent de les faire émerger et de les diffuser ? Et surtout, comment chacun d’entre nous peut-il contribuer à les faire vivre ? C’est ce que nous vous proposons d’explorer dans cet article.

✨ Très sensible aux enjeux environnementaux et sociaux, notre agence éditoriale La ligne claire — Manufacture d’histoires désire œuvrer à l’éclosion de récits inspirants de nouveaux possibles. Nous accompagnons les particuliers et les entreprises qui souhaitent raconter leur parcours d’activistes ou d’éclaireurs, relater leurs expérimentations en faveur du bien collectif ou partager leur vision d’une société plus juste et plus soutenable.

Que sont les nouveaux imaginaires ?

En tant qu’ensemble des représentations, des symboles, des croyances et des récits partagés qui structurent une société donnée, l’imaginaire collectif n’est jamais neutre. Il oriente nos façons de penser, d’agir et de nous organiser. Il définit ce qui nous semble « normal » ou « inévitable ».

Or, dans nos sociétés occidentales, l’imaginaire dominant est celui de la croissance infinie, du consumérisme, de l’individualisme, de la compétition et du techno-solutionnisme comme horizon ultime. Cet imaginaire-là a façonné nos modèles économiques, nos politiques publiques, nos modes de consommation ainsi que le rapport que nous entretenons avec le Vivant et avec les autres.

Face aux crises que nous traversons (dérèglement climatique, guerres et conflits géopolitiques, déséquilibres sociaux toujours croissants, etc.), il y a urgence à changer de trajectoire et à proposer d’autres représentations de ce que pourrait être un monde plus juste.

Ainsi, on peut définir les nouveaux imaginaires comme des visions et des représentations alternatives qui permettent de concevoir des futurs différents de ceux portés par les modèles dominants actuels. Sans nier tous les défis qui se posent à nous, ces imaginaires alternatifs appellent à réinventer le monde dans lequel nous vivons, que ce soit dans la façon de le concevoir, de l’habiter ou de le transformer concrètement par nos actions individuelles et collectives.

Grâce à de nouveaux imaginaires sociaux et culturels, on peut notamment faire émerger et soutenir :

  • Une vision de la « réussite » qui ne repose pas uniquement sur l’accumulation matérielle et la richesse, mais intègre des critères comme l’épanouissement personnel, la qualité des liens, la contribution au bien commun ou encore la capacité à vivre en accord avec ses valeurs.
  • Des rapports plus coopératifs entre individus, organisations et territoires, fondés sur l’entraide, le partage des ressources et la recherche de solutions collectives.
  • Des usages de la technologie orientés vers la sobriété et l’émancipation plutôt que la seule performance, en posant systématiquement la question de son utilité sociale et de son impact sur la Nature et le Vivant.
  • De nouvelles formes de démocratie et de gouvernance participatives, dans lesquelles les citoyens, les travailleurs et les communautés locales jouent un rôle actif dans les décisions qui les concernent, au-delà du seul vote ou de la délégation de pouvoir.
  • Une culture du récit et de la transmission qui valorise la diversité des voix et des savoirs, en faisant une place aux formes de connaissance longtemps invisibilisées.

Pourquoi faire évoluer nos imaginaires ?

Avant de changer le monde, il faut être capable de l’imaginer autrement. Aucune transformation réelle et durable ne s’opère sans un récit qui lui donne sens, sans une vision qui mobilise les énergies et sans des représentations partagées qui rendent le changement désirable. Faire évoluer nos imaginaires collectifs est donc un acte qui conditionne notre capacité à résister à l’inertie, à remettre en question ce qui nous semble « inéluctable », à coordonner nos efforts collectifs et à libérer notre créativité au service du bien commun.

Résister au fatalisme, à la résignation et à l’inertie

L’un des premiers obstacles au changement n’est pas l’ignorance des problèmes (le fait est que nous n’avons jamais été aussi bien informés des crises qui traversent nos sociétés) mais bien le sentiment d’impuissance qui en découle. Inondées de données alarmantes et de récits catastrophistes, bon nombre de personnes se retrouvent dans un état de fatigue morale, d’éco-anxiété et de paralysie émotionnelle.

Cette résignation est en grande partie le produit d’imaginaires sociaux qui enferment le futur dans un destin figé. Face aux récits dominants qui nous dépeignent des sociétés dystopiques sans issue et aux médias qui amplifient systématiquement les signaux négatifs sans jamais donner à voir les alternatives qui émergent, nous finissons par enregistrer l’immobilisme comme la stratégie la plus rationnelle.

En donnant à voir qu’une autre vision des choses est possible, les nouveaux imaginaires collectifs permettent de :

  • Contrebalancer cette surreprésentation des récits sombres et anxiogènes dans l’espace médiatique.
  • Rompre avec le sentiment de désespoir et d’impuissance.
  • Relancer la capacité d’espérance, de mobilisation et d’action.

Questionner les modèles dominants et leurs limites

Renouveler nos imaginaires permet également de questionner certaines représentations qui passent pour des vérités universelles, pour montrer que les modèles dominants qui ont structuré nos sociétés industrielles et nos économies mondialisées ont certes produit des avancées considérables, mais qu’ils portent aussi en eux des impasses profondes.

Ce travail de déconstruction des imaginaires dominants est indispensable, car il crée les conditions nécessaires à l’émergence d’alternatives qui font davantage sens. Tant que la croissance infinie et que la surexploitation de la nature nous semblent inévitables, il est très difficile de concevoir sérieusement d’autres modèles. En revanche, dès lors que l’on comprend que ces paradigmes résultent de récits construits à une époque donnée, dans un contexte donné et par des acteurs aux intérêts particuliers, on retrouve la liberté d’imaginer d’autres possibles.

Rendre désirables les transitions nécessaires

L’une des difficultés majeures des transitions écologiques et sociales est qu’elles sont souvent présentées sous l’angle du sacrifice, de la privation ou de la contrainte (consommer moins, se déplacer autrement, renoncer à certains conforts, etc.).

C’est là qu’intervient l’une des fonctions les plus précieuses des nouveaux imaginaires : transformer notre rapport aux transitions nécessaires en les rendant non plus subies, mais désirées. Il ne s’agit plus de « renoncer », mais de gagner en qualité de vie, en sens, en liens, en liberté véritable.

En la rendant visible, accessible et séduisante, les nouveaux imaginaires transforment alors l’idée de transition en invitation plutôt qu’en injonction, ce qui favorise l’adhésion collective.

Donner une direction à l’action collective

Agir différemment suppose de savoir vers quoi l’on tend. De nouveaux imaginaires positifs et inspirants fournissent un cap, une vision capable de fédérer des individus, des organisations et des territoires autour d’un projet commun en faveur d’un futur souhaitable.

Car l’un des paradoxes de notre époque est que nous n’avons jamais disposé d’autant d’informations sur les crises en cours, ni d’autant d’outils pour nous coordonner, et pourtant, l’action collective reste fragmentée, souvent découragée par l’absence d’horizon commun. On sait ce que l’on ne veut plus, mais on peine à formuler clairement ce que l’on désire réellement à la place. Or, sans vision positive et partagée de ce vers quoi l’on tend, les énergies se dispersent, les initiatives restent isolées et les mobilisations s’essoufflent.

Stimuler la créativité et l’innovation sociale, pour faire émerger des initiatives, des choix et des pratiques porteuses de changement

Les grandes transformations ont toutes été précédées ou accompagnées d’imaginaires inédits qui rendaient pensable ce qui ne l’avait jamais été auparavant. Au-delà d’inviter à imaginer d’autres possibles, ce sont également de puissants moteurs d’action.

Lorsque nous élargissons collectivement notre champ des représentations et que nous nous donnons la permission d’imaginer les choses autrement, nous créons les conditions pour innover, expérimenter et améliorer ce qui peut l’être. Nous libérons notre créativité et nous multiplions les chances de voir éclore des initiatives capables de faire progressivement évoluer notre société. 

Ainsi, les nouveaux imaginaires ne changent pas directement le monde, mais ils changent ce que les individus et les organisations considèrent comme possible, désirable et réalisable. En cela, ils constituent souvent le point de départ de transformations concrètes.

📖 Dans son rapport « Mobiliser la société à travers le prisme de l’imaginaire » publié en 2024, l’ADEME (l’Agence de la transition écologique) énonce que « l’imaginaire peut aussi être appréhendé pour nous relier davantage au réel, pour approfondir nos rapports au monde et parfois même nourrir notre puissance d’agir ». Contrairement à l’imaginaire uniformisé et dominant (basé sur l’évasion, l’abandon et la distraction) qui nous maintiendrait dans l’inaction et nous acclimaterait au pire, un nouvel imaginaire vecteur d’émancipation pourrait être « celui qui nous bouscule, nous éveille, nous engage un peu plus dans le monde ».

Nouvel imaginaire positif

Comment participer à la création et à la diffusion de nouveaux imaginaires ?

Les nouveaux imaginaires ne naissent pas spontanément de la seule bonne volonté de quelques visionnaires isolés. Ils se co-construisent, se cultivent et se diffusent à travers un ensemble de pratiques, de démarches et de récits portés par une multitude d’« imaginacteurs » aux profils très variés (citoyens, acteurs culturels, médias, organisations à but non lucratif ou encore marques et entreprises). Découvrons ensemble comment chacun d’entre nous, à notre échelle, peut participer à la création et à la diffusion d’imaginaires renouvelés.

Créer des espaces de projection et des lieux de co-construction pour enrichir l’imaginaire collectif

Pour que des imaginaires novateurs et disruptifs émergent, il faut d’abord créer les conditions qui permettent aux individus de se projeter ensemble dans un futur différent.

Or, dans un quotidien hyperchargé où tout va de plus en plus vite, nous prenons rarement le temps de nous arrêter pour imaginer ce que nous aimerions construire, à quoi pourrait ressembler un monde désirable, ou encore quelles valeurs nous souhaiterions mettre au cœur de nos organisations et de nos territoires.

D’où l’importance de créer des espaces de projection et d’offrir des temps de co-construction d’un imaginaire collectif renouvelé :

  • Des ateliers d’intelligence collective où l’on réunit des personnes aux horizons et aux expertises variés pour réfléchir ensemble autour de questions ouvertes (Comment voulons-nous travailler dans dix ans ? Quelle ville voulons-nous léguer à nos enfants ? Comment réinventer notre rapport à la nature dans ce territoire ?).
  • Des assemblées citoyennes qui favorisent l’émergence d’idées qui ne proviennent pas exclusivement d’experts ou de responsables politiques, mais de personnes issues d’horizons différents souhaitant confronter leurs appréhensions et leurs aspirations.
  • Des laboratoires d’imaginaires qui mobilisent des chercheurs, des artistes, des citoyens et des décideurs autour de scénarios de futurs alternatifs, et où il est possible d’explorer et de tester la cohérence et la désirabilité de différentes visions.
  • Des fresques collaboratives comme une Fresque du Futur ou une Fresque du Climat qui rendent visible et tangible la complexité des enjeux auxquels nous faisons face, tout en invitant à imaginer des alternatives, des solutions innovantes ou de nouvelles opportunités d’action.

💡Ce qui importe, ce n’est pas seulement le contenu des visions produites, mais le processus lui-même : le fait de se retrouver ensemble pour imaginer, d’écouter des perspectives différentes de la sienne, de donner corps collectivement à des désirs qui semblaient trop fragiles ou trop audacieux pour être exprimés. Tous ces espaces sont des incubateurs d’imaginaires, des lieux où un futur désirable commence à prendre forme.

Relier l’imaginaire à des initiatives concrètes

Aussi belle et cohérente soit-elle, une vision du futur reste toujours abstraite et fragile tant qu’elle ne trouve pas de prises dans l’expérience vécue.

C’est pourquoi l’un des leviers les plus puissants pour diffuser de nouveaux imaginaires consiste à les ancrer dans le réel à travers diverses initiatives très concrètes :

  • L’organisation d’évènements culturels alternatifs pour expérimenter une autre façon de vivre, de consommer, de se rencontrer et de créer (un festival de la transition, une exposition sur les innovations sociales, une foire de l’économie sociale et solidaire, un marché de producteurs locaux ou une semaine de l’architecture durable par exemple).
  • La mise en œuvre de projets innovants portés par des entreprises à impact, des associations, des collectivités ou des collectifs citoyens,
  • Le développement de médias citoyens qui valorisent les innovations sociales, écologiques et démocratiques (podcasts, revues, webzines ou encore chaînes vidéo).

💡Dans sa publication « Comment faire évoluer nos imaginaires ? », l’ADEME insiste sur l’importance de prolonger l’imaginaire dans le réel en l’enracinant dans des « espaces d’émergence pour le vivant », soit des lieux qui permettent « de se relier au monde vivant (la biodiversité, les milieux vivants locaux, etc.), mais également de recréer des liens sociaux (organisation de rencontres, mise en place de coopérations et de solidarités, etc.) et de permettre la reconnexion à soi (par des espaces ou des moments dédiés, qui permettent de s’adonner en conscience à une activité revitalisante) ».

Écrire de nouveaux récits positifs et inspirants

Les imaginaires collectifs se construisent d’abord et avant tout à travers les histoires que nous nous racontons, que ce soit à nous-mêmes, à nos proches, à nos collaborateurs, à notre communauté ou à la société dans son ensemble.

En effet, un imaginaire reste souvent abstrait : une société plus durable, plus solidaire ou plus démocratique peut être difficile à se représenter. Les récits, quant à eux, permettent de traduire ces idées en situations vécues, en expériences auxquelles chacun peut s’identifier. Parler d’une « économie du partage » reste une notion très théorique, alors que raconter l’histoire d’un quartier dans lequel les habitants mutualisent des ressources pour améliorer leur qualité de vie rend cet imaginaire beaucoup plus tangible et attractif.

Le meilleur moyen de promouvoir des imaginaires revitalisants (qui éveillent en nous la joie d’être pleinement vivants) est donc de raconter des histoires alternatives vectrices d’espoir et de renouveau, notamment grâce à l’écriture et à la diffusion de ce que l’on appelle des « nouveaux récits ».

Que vous soyez dirigeant d’entreprise, fondateur d’une marque engagée, artiste, membre d’une association, à la tête d’une collectivité ou encore simple citoyen : votre témoignage, votre parcours et le récit de vos expérimentations constituent de puissants leviers pour nourrir l’imaginaire collectif, inspirer, rassembler autour de nouvelles visions partagées et favoriser l’engagement en faveur d’un monde plus durable et plus beau.

🪶 Avec notre offre d’accompagnement « Écrire demain », nous œuvrons à l’éclosion de récits alternatifs qui ouvrent la voie à de nouveaux possibles. Les écrivains biographes de La ligne claire — Manufacture d’histoires mettent ainsi leur plume au service des entreprises, des artistes, des associations, des collectivités et des particuliers qui souhaitent raconter comment ils ont osé sortir des sentiers battus, remettre en question les modèles établis et proposer des idées novatrices pour réenchanter le monde.

Faire évoluer l’imaginaire collectif

✨ Vous souhaitez participer activement à la création et à la diffusion de nouveaux imaginaires et de nouveaux récits ?

Que vous soyez un particulier, une entreprise, une association ou encore une collectivité, vous pouvez nous solliciter pour vous accompagner dans :

~ L’écriture de votre histoire (biographie, témoignage, récit à plusieurs voix, etc.).

~ La création de contenus inspirants et engageants (discours, manifestes, chartes, infographies narratives, communiqués, brochures ou encore newsletters).

De la définition de votre projet à sa livraison au format désiré (papier ou numérique), nous vous accompagnons pour que vous puissiez transmettre votre vision avec un maximum d’impact. Vous aurez à votre disposition toute une équipe composée de rédacteurs formés au storytelling ainsi que nos partenaires du monde de l’édition.

Faites-nous part de vos besoins par message afin d’obtenir votre devis personnalisé :

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